
Mlle Claire Louvet, France
E X, 4513
Paroles de consolation après son douloureux départ de Turin – les jours de véritable joie sont ceux passés au paradis – il déménage à Valsalice, près de Turin, pour profiter d'un climat plus frais – aucun danger imminent de guerre
Turin-Valsalice, 12 iuin 1887
Chère Mademoiselle, / J’espère que votre voyage pour Aire aura été bon et que vous êtes en bonne santé comme je demande tous les matins pour vous dans la Sainte Messe. Vous avez passé quelques iours avec nous, mais à votre départ vous me sembliez bien affligée iusqu’aux larmes. Cela m’a fait de la peine. Peut-être n’aviez-vous pas entendu le sens complet de mes paroles, car je vous ai touiours donné l’assurance que nos relations sur la terre n’étaient pas durables; mais dans la vie éternelle nous passerons à iamais nos iours dans la vraie ioie et nous ne manquerons iamais des choses désiderables: in perpetuas aeternitates.
Maintenant la chaleur menaçait de nous brûler à Turin et à cause de cela je suis venu à Valsalice où je me porte beaucoup mieux, grâce à la fraîcheur du climat. Ici nous manque seulement votre présence pour refaire un peu mes forces. Patience. Je ne manquerai pas de faire chaque matin dans la Sainte Messe une prière spéciale pour vous et pour Mademoiselle Lyons. Monsieur l’Abbé Engrand se porte-t-il mieux? Sa santé lui permet-elle de travailler? Tous les Salésiens parlent de vous, de votre charité et tout le monde m’assure de faire des prières pour vous chaque iour. Et la guerre? Restez tranquille; quand je verrai un petit danger, je vous le dirai promptement, pourvu que je sois encore parmi les vivants. Que Dieu vous bénisse, charitable Mademoiselle, que la Sainte Vierge vous conserve en bonne santé; longtemps mais touiours et sûrement dans le chemin du Paradis.
Adieu! Priez pour ce pauvre prêtre qui vous sera à iamais en Jésus Christ,
Obligé serviteur
Abbé Jean Bosco